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Réflexions : Les français compatissants.
Posté par Maria le 11/9/2009 15:15:15 (1016 lectures)

Quelques remarques sur un sondage inhabituel du CSA-VSD intitulé les vacances et la rentrée politique de Nicolas Sarkozy suite à son malaise de juillet 2009. Certes, un Président de la République n’a pas fréquemment un malaise. Il s’agit d’un événement exceptionnel et ce sondage nous en dit beaucoup sur le coté sentimental des français. Il nous renseignent plus sur les français que sur le Président.



Nous trouvons un rappel annuel depuis septembre 2005 jusqu’en mai 2009 puis celui de juillet 2009. Les deux premières questions qui portent sur sa personne montre peu de progression positive. Son dynamisme que personne ne peut contester passe de 85% à 90%. Son courage, lui, monte de 75% à 80%.

La troisième question qui porte sur la sympathie fait une progression considérable de 48% à 63%. La progression est la plus forte et indique que le malheur personnel physique entraîne la solidarité nationale, un martyr en quelque sort.

Quand le sondeur aborde deux questions politiques – « Fait un bon Président de la République ? » - la progression est de 12% (de 41% à 53%). L’aspect négatif de cette même question baisse de 17% (52 à 38%). L’homme actif qui tombe malade prend donc une signification politique. Il se surmène dans ses fonctions cela ne veut-il pas dire qu’il est un bon président ? Le lien n’est pas très logique : activité présidentielle – surmenage – maladie. La notion de solidarité de personne à personne l’emporte alors sur la notion politique. S’agirait-il d’une augmentation de cote présidentielle dans le cas d’une victoire en coupe du monde de football ? L’historie se répète « Que demande le peuple ? du pain, des jeux (Juvenal). La dernière question « Est-il proche des gens ? la progression est considérable de 36 à 50%. Certes, tout le monde peut être malade. Encore un cas où la sensibilité des interrogés l’emporte sur la notion politique.

Les deux dernières questions ont des réponses sinon à contre courant au moins brisent la quasi régularité des réponses des années précédentes. Cinq questions portent alors sur le malaise, lui-même, et la politique. Les interrogés sont divisés en « Ensemble des sympathisants de gauche, du Modem, de droite, l’ensemble des français ».

Les sympathisants de gauche et du Modem : ce sont les deux tendances de l’opposition qui considèrent que l’on a trop parlé du malaise : 65%. Les sympathisants de droite seulement 48%. L’opposition a compris que le coté martyr du chef qui est blessé au combat (même politique) peut être un avantage.

L’ensemble des français pensent à 43% que le Président devrait suivre pendant ses 3 semaines de vacances les principaux dossiers. La gauche pense à 56% qu’il devrait se reposer complètement. S’agit-il de la sympathie ? ou la gauche émet elle un doute sur sa capacité de gérer ? Peut-être un souhait ? La droite est plus équilibrée : 49% « suivre les dossiers », 47% « se reposer complètement. »

La question suivante concerne les activités sportives pendant les vacances. « Doit-il poursuivre – jogging, velo, natation ? La réponse est équilibré pour la gauche 45% oui, 44% non. La droite se montre très sensible sur toute la publicité de la vie « saine » qui nous entoure et pense à 55% qu’il devrait poursuivre. Pourtant, il est très dure de passer d’un sport à l’autre. La musculature de la course à pied n’est pas la même que demande la bicyclette. La télévision nous montre un Président aux jambes lourdes. Est-il bien conseillé dans ce domaine ?

La dernière question porte sur l’avenir. Souhait-t-on que le Président ne s’occupe, à la rentrée, que des grandes actions politiques et délègue la mise en pratique au gouvernement ou doit-il continuer à s’occuper de tout ?

L’opposition pense qu’il en fait trop. Il ne s’agit plus du malaise mais de ce que l’opposition dit depuis longtemps. La gauche 64%, le Modem 62%. Il est trop présent. Cela fait-il désordre ? Il doit apprendre à déléguer. Les sympathisants de droite en pensent autrement : il ne doit déléguer que pour 39% des interrogés. En quelque sorte tout dépend de lui. Cela correspond bien à l’image qu’il se donne. Donc 56% pensent qu’il doit continuer de s’occuper de tout. Cela ne fait qu’un peu plus de la moitié. Cela veut-il dire qu’on peut aller trop loin ? que le bon sens pousse à déléguer ? Que le chef conçoit mieux les situations quand il existe ce que les américains appellent « middle management » ?

Bernard Owen
Maria Rodriguez-McKey

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