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Réflexions : LES EFFETS ELECTORAUX DES GOUVERNEMENTS DE GRANDE COALITION (Suite)
Posté par Maria le 29/9/2008 20:13:15 (2160 lectures)

par Bernard Owen

Suite à notre texte sur les effets électoraux des gouvernements de grande coalition placé sur notre site le 14 novembre 2006, et qui indique, à ce jour, 1945 lectures.

Les effets exposés dans nos précédents textes entrent dans la catégorie des effets des systèmes électoraux, peu encore enseignés dans nos universités et nos écoles, ce qui mène à des incompréhensions de la part de politologues avertis comme ANTON PELINKA (cité par le « Times on line » du 28 septembre 2008) sur les élections autrichiennes.




Les deux résultats de cette semaine découlent de l’un des mécanismes liés aux effets des systèmes électoraux intitulé « la structure d’accueil pour le vote contre le gouvernement ». En deux mots, quelque soit la valeur d’un gouvernement, une partie de l’électorat voudra voter contre lui. La nature de la structure d’accueil, pour ce vote, va varier en dehors de facteurs idéologiques mais essentiellement sur la nature du gouvernement.

Nous avons précédemment traité du gouvernement de coalition de 1999 entre l’O.V.P. (catholiques) et les libéraux F.P.O. (extrême droite, Haider), qui avait fait perdre à ce dernier la position de structure d’accueil contre le gouvernement, et qui l’avait fait descendre à 10 % en 2002, au lieu des 26,9 % en 1999.

La coalition droite et une extrême droite bien diminuée a duré jusqu’aux législatives de 2006, où l’extrême droite s’est finalement divisée quant à sa participation au gouvernement. Il en a résulté un gouvernement de grande coalition :

Le S.P.O. – Socialistes 35,3 % des suffrages
Le O.V.P. – Catholiques 34,3 % des suffrages

Pour les élections suivantes, l’on ne pouvait s’attendre qu’à un retour de l’extrême droite, étant donné qu’elle représentait, même divisée, l’essentiel de la structure d’accueil contre le gouvernement. Des divergences au niveau du gouvernement : la réforme fiscale, l’assurance maladie, les retraites et l’Union Européenne, ont provoqué des élections anticipées le 28 septembre 2008. Effectivement, l’extrême droite progresse :

En 2006 le F.P.O. obtient 11,0 % des suffrages.
En 2008 le F.P.O. obtient 18 % des suffrages (Werner Faymann).
En 2006 le B.Z.O. obtient 4,1% des suffrages.
En 2008 le B.Z.O obtient 11 % des suffrages (Jorg Haider)

Cette fois, toute l’extrême droite était dans l’opposition, et obtient un peu plus que les 26,9 % du F.P.O. (alors de Haider) en 1999. Il est certain que l’entente gouvernementale laissait à désirer, mais le seul fait que, lors d’une élection, l’extrême droite représentait l’essentiel d’accueil contre le gouvernement sortant est suffisant pour justifier son progrès. Il faut aussi rappeler qu’un gouvernement de grande coalition entraîne toujours un affaiblissement de la filiation partisane des électeurs, car les Socialistes n’apprécient guère de voir les ministres socialistes avec les ministres Catholiques, et vice versa.

A noter le défaut du scrutin proportionnel qui n’accentue pas la tendance gagnante en sièges, et qui peut mener à des gouvernements de grande coalition ou à des alliances contre nature sur le terrain de l’idéologie politique. L’Europe fourmille d’exemples de ce type. Les gouvernements de grande coalition ont un effet, non seulement sur les élections législatives, mais aussi sur les régionales. En Allemagne, nous avons déjà observé la montée du N.P.D. et des verts, et ce dimanche 28 septembre 2008, lors des élections régionales de Bavière, nous voyons un net affaissement du C.S.U. (conservateur au gouvernement fédéral avec les socialistes) passant de 60,7 % des suffrages en 2003 à 43 %. Les socialistes restent stables à 19 %. En revanche, les verts, qui ne font pas partie du gouvernement fédéral, passent de 7,7 % des suffrages à 9 %. La Bavière est profondément conservatrice. Elle détenait la majorité absolue depuis 46 ans. A noter que les candidats sans étiquette obtiennent 10 % des suffrages. Ceci démontre une certaine décomposition du visage de la politique locale, reste à savoir l’image politique qui apparaîtra lors des élections législatives. Pour ces élections, il est dommage que le système mixte : majorité – proportionnel comprenne une compensation proportionnelle au système majoritaire, qui pousse, pour la deuxième fois depuis l’existence de la R.F.A. – Allemagne, à des gouvernements de grande coalition.

Il s'agit de chiffres provisoires connus le lundi 29 septembre 2008.

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